La réserve de la Grande Sassière
La Réserve Naturelle de la Grande
Sassière (45°29’N,
6°58’E) est gérée par le Parc
National de la Vanoise. Elle
est située dans la vallée de la Haute Tarentaise,
sur la commune de Tignes
(Savoie). Délimité par l’aiguille de la
Grande Sassière au nord (3747 m), la
Tsanteleina à l’est (3602m) et les pointes de
Picheru (2953 m) et de la
Bailletta (3701 m) au sud, ce vallon, orienté est-ouest,
s’étage entre 1850 et
3747 m d’altitude et s’ouvre à
l’ouest sur le lac de barrage de Tignes.

Le climat présente toutes les caractéristiques du climat alpin : températures moyennes basses, grandes amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles, précipitations importantes.
Les différences d’altitude et d’exposition conduisent à une végétation fortement diversifiée comprenant des communautés végétales de types subalpines, alpines, et nivales (Gensac 1974a). La réserve est considérée comme particulièrement riche et recèle de nombreuses espèces végétales rarement rencontrées en France (Gensac 1974b).
La faune comprend de nombreuses espèces emblématiques des Alpes tels le chamois, Rupicapra rupicapra, ou encore le bouquetin, Ibex ibex, mais également des prédateurs de la marmotte alpine tels que le renard roux, Vulpes vulpes, et l’aigle royal, Aquila chrysaetos. Bien que le pacage des moutons n’ait plus cours au sein de la réserve, un pâturage bovin subsiste dans la partie basse du vallon.
Les marmottes occupent le vallon, des altitudes les plus basses jusqu’à plus de 3000 m sur les versants exposés sud. La population de ce vallon ne constitue pas une population isolée, mais fait probablement partie d’un ensemble plus vaste comprenant l’aval de la réserve et les vallons contigus au sud, à l’est et au nord.

Le climat présente toutes les caractéristiques du climat alpin : températures moyennes basses, grandes amplitudes thermiques quotidiennes et annuelles, précipitations importantes.
Les différences d’altitude et d’exposition conduisent à une végétation fortement diversifiée comprenant des communautés végétales de types subalpines, alpines, et nivales (Gensac 1974a). La réserve est considérée comme particulièrement riche et recèle de nombreuses espèces végétales rarement rencontrées en France (Gensac 1974b).
La faune comprend de nombreuses espèces emblématiques des Alpes tels le chamois, Rupicapra rupicapra, ou encore le bouquetin, Ibex ibex, mais également des prédateurs de la marmotte alpine tels que le renard roux, Vulpes vulpes, et l’aigle royal, Aquila chrysaetos. Bien que le pacage des moutons n’ait plus cours au sein de la réserve, un pâturage bovin subsiste dans la partie basse du vallon.
Les marmottes occupent le vallon, des altitudes les plus basses jusqu’à plus de 3000 m sur les versants exposés sud. La population de ce vallon ne constitue pas une population isolée, mais fait probablement partie d’un ensemble plus vaste comprenant l’aval de la réserve et les vallons contigus au sud, à l’est et au nord.
La zone d'étude

La zone
d’étude se situe dans la partie ouest de
la Réserve de la Grande Sassière à une
altitude de 2350 m et s’étend sur
environ 40 ha autour du chalet du Santel. Elle est parcourue par quatre
torrents : deux torrents, l’un coulant
d’est en ouest et l’autre du nord
au sud, divisent la zone d’étude, deux autres
torrents, coulant du nord au sud,
limitent la zone d’étude.
Elle est caractérisée par une végétation typique de l’étage alpin, composée essentiellement de pelouses alpines plus ou moins rocailleuses, à l’exception d’une zone humide dans le fond de vallée, de plusieurs zones de laves torrentielles et d’un ancien reposoir près du chalet du Santel. Les ressources alimentaires disponibles pour les herbivores sont réduites, les marmottes pouvant rentrer en compétition pour ces ressources avec les ongulés sauvages présents sur la zone, mais également avec les bovins pâturant dans la partie ouest de la zone d’étude, de fin mai à fin septembre.
Une forte pression anthropique, liée aux touristes se déplaçant sur la piste parcourant le fond du vallon, est à signaler durant les mois d’été. Paradoxalement, cette situation pourrait être avantageuse : les marmottes compensent le dérangement en décalant leurs périodes d’activités et les prédateurs évitent la zone.
Depuis 1990, 26 groupes familiaux sont étudiés, 17 groupes font l’objet d’un suivi intensif. Ils se répartissent selon trois expositions au soleil : adret, ubac et fond de valée. L’adret, exposé sud, correspond aux premières pentes sous l’aiguille de la Grande Sassière, le fond de vallée correspond aux replats situés entre la piste et le torrent situés en fond de vallée, enfin l’ubac correspond au versant nord du dôme de Picheru. L’ubac est enneigé plus tardivement, ce qui conduit à un retard de la croissance des plantes et, à un décalage du cycle biologique des marmottes.
La cartographie des territoires ainsi que la composition des groupes familiaux sont précisément connues et remises à jour en permanence. La population semble avoir atteint la saturation spatiale : seuls trois nouveaux territoires ont été créés par fractionnement de territoires préexistants entre 1990 et 2005.
Elle est caractérisée par une végétation typique de l’étage alpin, composée essentiellement de pelouses alpines plus ou moins rocailleuses, à l’exception d’une zone humide dans le fond de vallée, de plusieurs zones de laves torrentielles et d’un ancien reposoir près du chalet du Santel. Les ressources alimentaires disponibles pour les herbivores sont réduites, les marmottes pouvant rentrer en compétition pour ces ressources avec les ongulés sauvages présents sur la zone, mais également avec les bovins pâturant dans la partie ouest de la zone d’étude, de fin mai à fin septembre.
Une forte pression anthropique, liée aux touristes se déplaçant sur la piste parcourant le fond du vallon, est à signaler durant les mois d’été. Paradoxalement, cette situation pourrait être avantageuse : les marmottes compensent le dérangement en décalant leurs périodes d’activités et les prédateurs évitent la zone.
Depuis 1990, 26 groupes familiaux sont étudiés, 17 groupes font l’objet d’un suivi intensif. Ils se répartissent selon trois expositions au soleil : adret, ubac et fond de valée. L’adret, exposé sud, correspond aux premières pentes sous l’aiguille de la Grande Sassière, le fond de vallée correspond aux replats situés entre la piste et le torrent situés en fond de vallée, enfin l’ubac correspond au versant nord du dôme de Picheru. L’ubac est enneigé plus tardivement, ce qui conduit à un retard de la croissance des plantes et, à un décalage du cycle biologique des marmottes.
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La cartographie des territoires ainsi que la composition des groupes familiaux sont précisément connues et remises à jour en permanence. La population semble avoir atteint la saturation spatiale : seuls trois nouveaux territoires ont été créés par fractionnement de territoires préexistants entre 1990 et 2005.
Suivi de la population de marmottes
Le suivi de la population a commencé en 1990. Il allie, à un protocole de capture marquage recapture, un protocole d’observation. Bien que le suivi ait lieu chaque année, la durée en est variable : de moins de 3 mois en 1990 et 1991, il s’est allongé jusqu’à 5 mois (ensemble de la période d’activité) entre 1995 et 2000, pour être limité par les autorités du Parc de la Vanoise, à 45 jours depuis 2001. Le suivi est particulièrement intense durant la période de reproduction soit de l’accouplement à la mi-avril jusqu’à la fin de l’émergence des marmottons à la mi-juillet.
Le protocole de capture-marquage-recapture
La capture
Parmi les nombreuses techniques de capture testées, deux, alliant efficacité et stress minimal pour les individus, ont été retenues. Il s’agit de la capture à l’aide de pièges et de la capture à la main réservée aux marmottons.
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Plan des pièges-boîtes employés |
Les captures sont réalisées avec des
pièges inspirés des
pièges-boîtes (Tomahawk Live Trap Compagny,
Wisconsin,
USA). Les pièges sont appâtés
avec du pissenlit placé sur la palette
déclencheur et
l’animal, en appuyant sur la palette, provoque la fermeture
des portes.
Deux méthodes peuvent alors être employées :
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Deux méthodes peuvent alors être employées :
- - la capture volontaire et la capture forcée. La capture volontaire consiste à placer les pièges sur les terriers principaux et les sentes fréquemment empruntées, puis à faire appel à la gourmandise et/ou à la "bonne volonté" des individus. Cette méthode est de loin la plus utilisée. Malheureusement, son efficacité diminue au cours de la saison d’activité, les captures étant quasiment nulles en septembre.
- - la capture forcée consiste à effrayer les individus afin qu’ils se réfugient dans les terriers, puis à bloquer la plupart des sorties et à encastrer les pièges dans les sorties restantes. Cette technique souffre de deux inconvénients majeurs. Premièrement, elle est à la fois lourde à mettre en œuvre et relativement invasive. Deuxièmement, les individus ont fortement tendance à préférer creuser de nouvelles sorties plutôt qu’à entrer dans un piège. Cette technique est donc surtout utilisée en fin de saison.
Le marquage
Marques pérennes, mais non observables à distance, et marques visuelles, à durée de vie variable, ont été utilisées.
Les marques pérennes sont apposées systématiquement à la première capture. Deux types de marques complémentaires ont été utilisés :
-des transpondeurs sont injectés sous l’épiderme entre les omoplates. Chaque transpondeur porte un code alphanumérique unique de 16 caractères maximum. Il s’agit de puces électroniques passives dont la lecture se fait par réflexion à l’aide d’un émetteur-lecteur placé à moins de 30 cm de l’individu. Leur lecture nécessite donc la recapture de l’individu.
-des bagues auriculaires métalliques numérotées (bagues à poisson) sont placées sur l’oreille droite des individus femelles et sur l’oreille gauche des individus mâles . Ces marques peuvent être lues à l’aide d’une longue vue si l’individu se trouve à une distance inférieure à 20 mètres. Leur lecture nécessite donc la recapture de l’individu dans la plupart des cas. La durée de vie moyenne de ces marques est supérieure à deux ans.
malheureusement pérenne :
- la teinture consiste à teindre à l’aide de teinture ammoniaquée noire ou rousse (L’Oréal) soit une partie du corps, soit un symbole individualisé. Extrêmement efficace pour la reconnaissance visuelle, sa durée de vie n’excède pas 4 mois, la teinture disparaissant avec la mue au mois de juillet.
- les marques auriculaires colorées consistent à fixer à l’aide d’une bague métallique, sur l’oreille gauche des individus femelles et sur l’oreille droite des individus mâles, une pièce de plastique colorée. Bien visible, leur durée de vie varie fortement d’un individu à l’autre (moins d’une saison à plusieurs années).
(a) |
(b) |
(c)![]() |
(d)![]() |
Les
mesures biométriques et les
prélèvements
Une fois capturés, les individus sont anesthésiés par une injection en intramusculaire.
Une fois anesthésiés, les individus sont sexés, pesés avec un peson de pêche, puis plusieurs variables biométriques sont mesurées telles que la longueur totale (tête et corps sans la queue) mesurée à l’aide d’un mètre ruban, la longueur des pattes antérieures et postérieures, la longueur de la mandibule, la largeur de la tête au niveau des zygomatiques et la largeur du bassin, toutes mesurées avec un pied à coulisse.
Divers prélèvements sont également réalisés (prise de sang, sécrétions odorantes) et, en particulier, des prélèvements d’ADN nécessaires aux analyses génétiques. Deux techniques ont été utilisées. Jusqu’en 1996, seuls des poils étaient prélevés. Par la suite, aux prélèvements de poils, se sont ajoutés des prélèvements d’épiderme.
Le protocole d’observations
Afin de connaître la structure socio-spatiale de chacun des groupes familiaux étudiés, le territoire et la composition des groupes familiaux ainsi que le statut social de chaque individu est déterminé chaque année. De plus, un effort particulier est réalisé quant au suivi des événements de reproduction, et permet de déterminer la date d’émergence des marmottons ainsi que le taille des portées.
Une fois capturés, les individus sont anesthésiés par une injection en intramusculaire.
Une fois anesthésiés, les individus sont sexés, pesés avec un peson de pêche, puis plusieurs variables biométriques sont mesurées telles que la longueur totale (tête et corps sans la queue) mesurée à l’aide d’un mètre ruban, la longueur des pattes antérieures et postérieures, la longueur de la mandibule, la largeur de la tête au niveau des zygomatiques et la largeur du bassin, toutes mesurées avec un pied à coulisse.
Divers prélèvements sont également réalisés (prise de sang, sécrétions odorantes) et, en particulier, des prélèvements d’ADN nécessaires aux analyses génétiques. Deux techniques ont été utilisées. Jusqu’en 1996, seuls des poils étaient prélevés. Par la suite, aux prélèvements de poils, se sont ajoutés des prélèvements d’épiderme.
Le protocole d’observations
Afin de connaître la structure socio-spatiale de chacun des groupes familiaux étudiés, le territoire et la composition des groupes familiaux ainsi que le statut social de chaque individu est déterminé chaque année. De plus, un effort particulier est réalisé quant au suivi des événements de reproduction, et permet de déterminer la date d’émergence des marmottons ainsi que le taille des portées.
©
Aurélie Cohas
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